Croyance, opinion, conviction… Sont-ils des outils suffisants pour approcher la vérité ?

NEALE DONALD WALSCH
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Compte rendu de la rencontre du lundi 29 septembre 2008

Thème : Croyance ; opinion ; conviction… Sont-ils des outils suffisants pour approcher la vérité ?

Quatorze personnes ont participé à la rencontre : Nadège ; Henk ; Jenny ; Dominique ; Jean-Christophe ; Nathalie ; Serge ; Daniel ; Jean ; Anny ; Christian ; Florence ; Dominique ; François

L’éléphant est irréfutable

Alexandre Vialatte.

Ce ne sont que des mots… rien que des mots :

  • Le juste vivra de la foi a dit saint Paul… Ainsi tout est dit à propos de la croyance.
  • L’opinion, c’est la « doxa », d’où les paradoxes et l’orthodoxie… On est dans la mouvance ou bien on n’existe pas. Les journaux, la radio, la télé… juste une question d’ambiance, savoir ce qu’il faut penser, ce qu’il convient de dire, et comment paraître.
  • La conviction, c’est le combat, il faut convaincre l’autre à défaut de soi… parfois… Il y a là une notion de combat, mais pas nécessairement avec des armes, souvent la séduction suffit.

Et quand tout cela se mélange, c’est la preuve qu’une crise mondiale n’est pas loin : Faut-il injecter 700 milliards de dollars dans les marchés boursiers ?

  • Oui dit le gouvernement américain… les docteurs de la loi on parlé… Ceux-là même qui ont fait preuve d’une totale incompétence « croient » qu’il est bon de renflouer le veau d’or.
  • Les citoyens américains ne sont pas des spécialistes de la finance, mais ils ont une opinion : Est-il profitable pour le pays de demander de l’argent au peuple pour le donner à des voyous qui ont déjà pompé toutes les économies dudit peuple ?…
  • Comment convaincre les membres de la Chambre des Représentants qu’ils ne doivent pas voter n’importe quoi ? En leur rappelant que les élections sont proches (novembre 2008)…

Petits exercices maoïstes et nietzschéens :

Le Parti communiste chinois acquit la conviction que toutes les attaques des réactionnaires de l’intérieur et de l’extérieur non seulement devaient être, mais pouvaient être écrasées

Ici la conviction est le produit d’une longue étude des faits, jamais le produit du hasard, et de ce fait permet de définir une stratégie.

Le libéralisme est extrêmement nuisible; dans les collectivités révolutionnaires. C’est un corrosif qui ronge l’unité, relâche les liens de solidarité, engendre la passivité dans le travail, crée des divergences d’opinions.

L’opinion en elle-même n’est pas condamnable ; c’est la différence d’opinion qui est dangereuse. .

Si vous n’avez pas commis d’erreurs, vous pouvez vous croire infaillible et en tirer vanité.
Il apparaît dans le « Petit Livre rouge » que la croyance dans le Parti est une excellente chose, mais qu’elle présente un risque dès qu’elle se réduit à soi.

Il y a en quelques sortes des vraies et des fausses croyances… d’où la naissance de nombreux conflits : Les fidèles de la vraie croyance te haïssent et ils t’appellent un danger pour la foule dit le sage à Zarathoustra…

On arrêtera ici ce petit jeu facile, qui en fait loin de rendre claire la question posée, ne fait que la compliquer… et revenons aux Rencontres.

Il a fallu d’abord tenter de définir ce qu’est la vérité, puisque c’est elle que nous cherchons ce soir… une fois de plus.

La vérité doit être réfutable… phrase qui a déclanché quelques échanges animés… Dieu est irréfutable, mais que la mort elle réfutable… ici point question d’opinion, mais de logique pure.

Il faut croire pour se rassurer a-t-on dit… la croyance étant proche de la conviction, quant à l’opinion elle se situerait dans le flou… mais tout en précisant que les électeurs votent indistinctement par opinion ou conviction. Bref il faut croire dans le « système » quel qu’il soit sinon la vie en société devient impossible.

En fait toute la difficulté consiste à fonder le socle inébranlable de nos certitudes, qu’elles soient du domaine de la religion, de la philosophie, de la politique, des sciences… Evidemment tous ces sujets ne sont pas traités au même niveau, néanmoins, une certaine foi doit accompagner nos efforts de connaissance et de savoir(s).

Qu’est-ce qui ferait que nous puissions décider en toute certitude d’un choix en quelque matière que ce soit :

  • L’opinion ? Non parce qu’il existe différentes opinions (des officielles et des personnelles).
  • La conviction ? Non, Parce qu’être convaincu par un long raisonnement ne prouve pas que le discours soit en toutes situations fondé… Le témoin qui, par exemple, a vu un accident se produire devant ses yeux est et reste convaincu que cela est réel, mais quel crédit peut-on accorder à la relation qu’il en fait ? (Les compagnies d’assurance connaissent bien le problème). Les petits africains ont affirmé pendant des décennies que les Gaulois étaient leurs ancêtres. Ceux qui leur enseignaient cela étaient convaincus du bien fondé de leurs propos, croyaient en la République, et tenaient pour opinion que tout pays colonisé était une partie de l’empire français.
  • La croyance ? Cela dépend… si la chose est irréfutable, il y a autant de récits que de croyants… Par contre si cette croyance repose sur une preuve réfutable (scientifique) il est possible jusqu’ à preuve du contraire, de bâtir sa foi (croyance) sur une réalité.

Reste toutefois la possibilité du postulat, qui affirme et pose une « vérité » indémontrable… qu’il faut donc admettre pour ensuite aller de l’avant.

« L’être humain est perfectible »… disent certains philosophes… jusqu’ici l’histoire n’en a pas apporté réellement la preuve. Alors il avoir foi dans le postulat, et faire comme si…

« En avant doute »… Même si souvent l’opinion générale reste partagée sur ce sujet.

Comment progresser vers « quelque chose » que l’on ne connaît pas ? Autre question posée ce soir…L’univers a-t-il un sens ? Ce qui supposerait qu’il a une fin (téléologie) et même peut être alors que l’Homme y a un rôle à jouer ?

Comment atteindre un semblant de vérité avec juste des outils subjectifs, comme l’intuition ou le sentiment ?

Comment faire la différence entre événement et information ?

Sur quoi édifier un jugement ?

Que croire du paranormal, de la survie après la mort, des ovni, malgré les opinions partagées sur le sujet ?

Pourquoi les miracles auraient ils été « inventés » s’il ne fallait aider à croire ?

Comment un être fini (l’Homme) peut il avoir une idée de l’infini ?

Il faut donc faire des hypothèses – au lieu de croire à partir de rien ou de s’appuyer sur une opinion variable – afin d’être convaincu de la réalité… Hypothèses qui seront mise à l’épreuve à fin de preuve(s). Il y a là la notion de paradigme, qui veut qu’une hypothèse scientifique est « vraie » aussi longtemps qu’elle n’est pas remise en cause expérimentalement, ce qui donne alors naissance à un autre paradigme… Et ainsi de suite.

Croyance, opinion et conviction ne peuvent vivre uniquement de l’air du temps.

Certes l’absence de mise à « les preuves» » ne signifie pas que le propos (les ovnis par exemple) est absolument insignifiant, mais dans la plupart des cas cela permet de mettre les pendules à l’heure.

« Pouvoirs passionnés et règles d’action » écrivait René Char… Ce pourrait être un bon début de réponse…

Prochaine rencontre : Mardi 14 octobre 2008 : Thème : Le progrès est-il néfaste ?